« Les fantasmes ne sont pas des aveux. Ils sont le langage de notre imaginaire, parfois le reflet de nos émotions, de nos besoins ou de nos désirs les plus profonds. »
« Est-ce normal de penser à ça ? »
« Si j’imagine une situation, est-ce que cela signifie que j’ai envie de la vivre ? »
« Dois-je en parler à mon ou ma partenaire ? »
« Est-ce que cela fait de moi une personne « anormale » ? »
Ces questions reviennent très souvent en consultation. Elles sont presque toujours accompagnées de honte, de culpabilité ou de peur d’être jugé.
Pourtant, la réponse est simple : avoir des fantasmes est une composante normale de la sexualité humaine.
Le problème n’est généralement pas le fantasme lui-même, mais le regard que nous portons sur lui.
Qu’est-ce qu’un fantasme ?
En sexologie, un fantasme est une représentation mentale, érotique, sensuelle, affective ou émotionnelle, qui stimule l’imagination et peut participer au désir ou à l’excitation.
Il peut prendre la forme :
- d’une image ;
- d’un scénario ;
- d’un souvenir réinventé ;
- d’une émotion ;
- d’une ambiance particulière ;
- d’un rôle ;
- d’une sensation ;
- ou simplement d’une idée fugace.
Il peut mettre en scène une personne connue, inconnue ou imaginaire.
Certaines personnes fantasment très souvent. D’autres très rarement.
Certaines élaborent de véritables histoires. D’autres n’ont que quelques images passagères.
Toutes ces situations sont normales.
Il n’existe pas de quantité « idéale » de fantasmes.
Le fantasme est un espace de liberté
Notre cerveau adore imaginer.
Il invente des histoires, explore des possibilités, mélange des souvenirs, des émotions, des envies et parfois même des situations totalement improbables.
Le fantasme est l’un des rares espaces où tout est possible, justement parce qu’il appartient à notre monde intérieur.
Et c’est là qu’il est important de rappeler une idée essentielle :
Penser n’est pas agir.
Imaginer une situation ne signifie absolument pas vouloir la vivre.
De la même manière qu’on peut apprécier un film catastrophe sans souhaiter vivre un tremblement de terre, on peut être stimulé par un scénario imaginaire sans avoir la moindre envie qu’il devienne réalité.
Le fantasme n’est pas un projet.
C’est une création de l’imaginaire.
Les fantasmes jouent plusieurs rôles : ils sont catalyseurs de désir, sources de plaisir en solo ou à deux, et outils pour surmonter les blocages sexuels. Comme le disait la sexologue Beverly Whipple :
« Les fantasmes permettent d’échapper à la routine, d’expérimenter virtuellement de nouvelles pratiques et de pimenter la vie sexuelle ».
D’où viennent nos fantasmes ?
Ils sont influencés par :
- notre histoire ;
- notre éducation ;
- notre culture ;
- nos rencontres ;
- nos premières expériences affectives ;
- nos émotions ;
- nos lectures ;
- nos films ;
- nos rêves ;
- parfois même par des souvenirs oubliés.
Ils évoluent également avec le temps.
Une grossesse, une maladie, une séparation, une nouvelle rencontre ou simplement les différentes étapes de la vie peuvent transformer notre imaginaire.
Les fantasmes ne sont pas toujours sexuels
Lorsque l’on parle de fantasmes, beaucoup pensent immédiatement à des pratiques sexuelles.
En réalité, ils sont souvent bien plus riches que cela.
Un fantasme peut traduire le besoin de :
- se sentir désiré(e) ;
- être admiré(e) ;
- retrouver la passion des débuts ;
- vivre une connexion profonde ;
- retrouver de la spontanéité ;
- explorer une autre facette de soi ;
- se sentir libre ;
- être rassuré(e) ;
- être valorisé(e) ;
- retrouver confiance en son corps ;
- se sentir pleinement vivant.
Très souvent, ce n’est pas l’acte qui procure de l’excitation.
C’est ce qu’il symbolise.
Un même scénario peut représenter, selon les personnes, la liberté, la nouveauté, la sécurité, la puissance, la vulnérabilité, la confiance ou simplement le plaisir d’imaginer.
À quoi ressemblent les fantasmes ?
Ils sont extrêmement variés.
Certaines personnes fantasment simplement sur le fait de :
- être embrassées avec passion ;
- être intensément désirées ;
- retrouver l’intensité des premiers mois d’une relation ;
- faire l’amour dans un lieu inhabituel ou romantique ;
- vivre une aventure avec un inconnu ou une inconnue, sans jamais souhaiter la concrétiser ;
- imaginer une célébrité ;
- revivre un souvenir en le réinventant ;
- explorer un univers inspiré d’un roman ou d’un film ;
- jouer un rôle différent du quotidien.
D’autres imaginent davantage des scénarios de pouvoir, de confiance ou de lâcher-prise.
L’imagination n’a pas de limite.
Et c’est précisément ce qui la rend si fascinante.
Faut-il partager ses fantasmes ?
Il n’existe aucune règle.
Certaines personnes aiment raconter leurs fantasmes à leur partenaire parce que cela nourrit leur complicité.
D’autres préfèrent conserver un jardin secret.
Cette intimité psychique est parfaitement légitime.
L’essentiel est que chacun puisse choisir librement ce qu’il souhaite partager.
Quand peut-il être utile d’en parler avec un professionnel ?
Contrairement à une idée reçue, on ne consulte pas un sexothérapeute uniquement lorsqu’il y a un problème.
De nombreuses personnes viennent simplement pour mieux comprendre leur fonctionnement, mettre des mots sur leurs fantasmes, vérifier que ce qu’elles ressentent est fréquent, ou encore échanger dans un espace neutre, sans jugement.
Parfois, il s’agit de faire le point avec soi-même. D’autres fois, la démarche se fait en couple pour ouvrir le dialogue, mieux comprendre les envies de chacun, définir ses limites ou réfléchir ensemble à ce que l’on souhaite ou non explorer.
Une consultation peut également être l’occasion de s’informer avant d’expérimenter une pratique nouvelle. Comprendre les enjeux du consentement, de la communication, de la sécurité, des limites personnelles ou encore des attentes de chacun permet d’aborder ces expériences de manière plus sereine et plus respectueuse.
Par exemple, un couple peut consulter parce qu’il s’interroge sur les dynamiques de domination et de soumission. L’un des partenaires est attiré par cette idée, l’autre est curieux mais hésitant. La consultation ne vise pas à dire s’il faut ou non essayer, mais à permettre au couple d’en parler librement, de comprendre ce qui attire chacun, de distinguer le fantasme de la réalité, de poser un cadre sécurisant et de s’assurer que le projet repose sur un consentement libre, éclairé et enthousiaste.
Dans ce contexte, le rôle du sexothérapeute n’est pas d’encourager une pratique, mais d’accompagner la réflexion, de favoriser le dialogue et de donner des repères pour que chacun puisse faire des choix en accord avec ses valeurs, ses envies et ses limites. C’est également l’occasion d’identifier d’éventuels facteurs de mise en danger, de corriger certaines idées reçues et d’aborder les pratiques dans un cadre fondé sur le consentement, la sécurité et le respect de chacun.
Bien sûr, consulter peut également être précieux lorsque les fantasmes deviennent une source de souffrance : s’ils génèrent une forte culpabilité, de la honte, de l’anxiété, s’ils prennent une place envahissante dans la vie sexuelle ou affective.
Dans les situations où des comportements dépassent le cadre du consentement ou présentent un risque pour soi ou pour autrui, il est essentiel de ne pas rester seul(e). La honte ne doit pas empêcher de demander de l’aide : consulter un sexothérapeute, un médecin traitant, contacter une association, un service d’écoute ou toute personne susceptible d’accompagner et d’orienter est une démarche nécessaire et responsable.
Au fond, il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » raison de consulter. Que ce soit pour mieux se connaître, renforcer son couple, explorer une question en toute sécurité ou apaiser une souffrance, demander de l’aide est avant tout une démarche de connaissance de soi et de prise de soin de sa vie affective et sexuelle.
Les fantasmes autour du BDSM : un sujet souvent mal compris
Dans ma pratique de sexothérapeute, je constate que les fantasmes sont un sujet qui revient très régulièrement en consultation. Les personnes viennent souvent avec beaucoup de questions, parfois de l’appréhension, et surtout la crainte d’être jugées.
Au fil des échanges, je remarque également que certains fantasmes reviennent plus fréquemment que d’autres. C’est notamment le cas des dynamiques de domination, de soumission ou de lâcher-prise, qui suscitent beaucoup de curiosité, mais aussi de nombreuses idées reçues.
Pourtant, lorsque les personnes me parlent de leurs envies, elles ne mettent pas forcément de mots précis dessus. Elles me disent plutôt :
- « J’aimerais casser la routine dans notre couple. »
- « J’aimerais redécouvrir mon partenaire autrement. »
- « J’aimerais réveiller mes sensations. »
- « J’aimerais oser davantage, mais je ne sais pas par où commencer. »
Derrière ces phrases se cache souvent une même envie : explorer son intimité autrement, sortir des automatismes, se reconnecter à ses sensations ou découvrir une nouvelle façon d’être en lien avec son ou sa partenaire. Lorsque l’on approfondit ces demandes, on constate qu’elles se rejoignent souvent et s’ancrent dans des désirs similaires d’exploration et de découverte, qui se rapprochent souvent du BDSM.
Ces fantasmes sont souvent mal compris. Ils sont parfois associés, à tort, à la violence ou à un dysfonctionnement psychologique, alors qu’ils traduisent le plus souvent une envie d’explorer une autre manière d’être en relation, dans un cadre fondé sur le consentement, la confiance et la communication.
C’est pourquoi j’ai choisi de leur consacrer un paragraphe dans cet article. Non pas pour les banaliser ni les encourager, mais pour apporter quelques repères, lever certains tabous et permettre à chacun de mieux comprendre ce qui peut se jouer derrière ces scénarios imaginaires.
Le BDSM regroupe différentes pratiques et dynamiques relationnelles : Bondage, Discipline, Domination, Soumission et Sadomasochisme.
Ce terme impressionne parfois, alors que beaucoup de personnes fantasment uniquement autour de formes très douces de ces jeux relationnels.
Par exemple :
- avoir les yeux bandés afin de se concentrer davantage sur les autres sens ;
- découvrir de nouvelles sensations en jouant avec le chaud, le froid ou différentes textures ;
- recevoir ou offrir un massage sensuel dans un contexte différent de l’habitude ;
- être attaché(e) de manière légère et sécurisée ;
- jouer avec les rôles ;
- recevoir ou donner des consignes ;
- explorer une dynamique de confiance ;
- prendre le contrôle ou accepter de le céder.
Pour beaucoup, il ne s’agit pas de rechercher la douleur.
Ce qui attire est souvent ailleurs :
- le lâcher-prise ;
- la confiance envers son ou sa partenaire ;
- la découverte de nouvelles sensations ;
- la communication ;
- l’intensité émotionnelle ;
- la vulnérabilité choisie ;
- le fait de sortir de la routine ;
- la curiosité et l’envie d’explorer autrement son intimité ;
- la possibilité de se découvrir soi-même ou de découvrir son couple sous un autre angle ;
- la sensation d’être pleinement présent à l’instant.
Ces pratiques reposent avant tout sur un cadre clair et respectueux. Elles impliquent une communication ouverte, un consentement explicite et des repères sécurisants tout au long de l’expérience : un safeword, qui permet d’interrompre immédiatement la pratique si nécessaire, et un aftercare, un temps consacré à prendre soin de l’autre, à échanger sur le vécu de chacun et à renforcer le lien après l’expérience.
Il est également important de pouvoir sortir de ses habitudes, tout en restant attentif à soi et à l’autre. Chaque expérience se construit à partir d’un accord partagé, parfois formalisé, où chacun définit ses envies, ses limites et ce qu’il souhaite explorer.
Après une expérience, un temps d’échange est essentiel : revenir sur ce qui s’est joué, sur les ressentis de chacun, permet d’ajuster, de renforcer la confiance et de continuer à évoluer ensemble.
Au fond, la recherche de sensations appartient à chaque personne et aux partenaires entre eux. Définir ses envies, ses limites et les respecter constitue la base d’une dynamique saine, sécurisée et épanouissante.
Domination, Soumission, Switch: de quoi parle-t-on ?
Ces mots sont souvent entourés de nombreux préjugés.
Pourtant, ils décrivent simplement des préférences ou des rôles que certaines personnes apprécient explorer dans leur imaginaire ou dans leur intimité.
La domination correspond au fait d’occuper un rôle de guide ou de meneur dans un scénario librement accepté.
La soumission consiste à choisir volontairement de céder une partie du contrôle dans un cadre sécurisé et consenti.
Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’être faible, mais au contraire de faire suffisamment confiance pour pouvoir lâcher prise.
Le switch désigne une personne qui peut apprécier les deux rôles selon les partenaires, les situations ou les moments de sa vie.
Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un trait de personnalité.
Une personne très affirmée dans sa vie professionnelle peut apprécier de ne plus prendre aucune décision dans son intimité.
À l’inverse, une personne très discrète peut aimer prendre les initiatives lorsqu’elle se sent en confiance.
Ces rôles ne définissent pas qui nous sommes.
Ils représentent simplement une manière d’explorer certaines émotions ou certaines facettes de soi à un moment précis.
Au-delà du fantasme : les repères essentiels pour une pratique sécurisée
Le « safeword » : un mot pour garantir le consentement
Lorsque certaines personnes choisissent d’explorer des jeux de rôle, des dynamiques relationnelles ou différentes pratiques d’exploration sexuelle, il est fréquent qu’elles accordent une place importante à ce que l’on appelle le »safeword ». Le « safeword » : un mot pour garantir le consentement
Lorsque certaines personnes choisissent d’explorer des jeux de rôle, des dynamiques relationnelles ou différentes pratiques d’exploration sexuelle, il est fréquent qu’elles mettent en place ce que l’on appelle un safeword, ou « mot de sécurité », un mot pour garantir le consentement
Il s’agit d’un mot convenu à l’avance, facile à retenir et qui n’a aucun lien avec le scénario imaginé. Son rôle est simple : permettre à l’un des partenaires de signaler immédiatement qu’il souhaite ralentir, faire une pause ou arrêter la pratique.
Le safeword offre un repère clair lorsque les émotions sont fortes ou lorsque les mots habituellement utilisés dans le jeu (« non », « attends », « arrête ») peuvent faire partie du scénario. Lorsqu’il est prononcé, il met fin au jeu, entraîne un arrêt immédiat, sans discussion ni négociation.
Certaines personnes utilisent également un système de couleurs, très répandu dans la communauté BDSM :
- Vert : tout va bien, on peut continuer.
- Orange : je ressens une gêne, j’ai besoin de ralentir, de vérifier ou d’ajuster.
- Rouge : on s’arrête immédiatement.
Au-delà du mot lui-même, le safeword symbolise une idée essentielle : le consentement n’est jamais acquis une fois pour toutes. Il peut être retiré à n’importe quel moment, et ce choix doit être respecté sans délai.
Enfin, il est courant qu’un temps d’échange soit prévu après l’expérience. Ce moment permet à chacun d’exprimer son ressenti, de vérifier que tout s’est bien passé et d’ajuster, si besoin, les limites ou les envies pour l’avenir.
L’aftercare : prendre soin l’un de l’autre après l’expérience
Dans ces pratiques d’exploration sexuelle et relationnelle, il existe une étape souvent méconnue du grand public : l’aftercare, que l’on pourrait traduire par « le temps de prendre soin de l’autre après la pratique ».
Pourquoi est-il si important ? Parce qu’une expérience intense ou nouvelle, qu’elle soit physique, émotionnelle ou relationnelle, peut susciter de nombreuses réactions. Certaines personnes se sentent profondément détendues, d’autres peuvent être surprises par leurs émotions, ressentir un besoin de réconfort, se poser des questions sur ce qu’elles ont vécu, éprouver un léger sentiment de gêne, de honte ou de culpabilité, ou encore avoir simplement besoin de mettre des mots sur leur expérience.
L’aftercare offre justement un espace pour accueillir ces ressentis, sans jugement. Il permet de revenir progressivement au quotidien, de se sentir en sécurité, de répondre aux besoins de chacun et de renforcer le lien entre les partenaires.
Il n’existe pas une seule façon de faire de l’aftercare. Selon les besoins de chacun, cela peut être :
- se prendre dans les bras ou rester simplement l’un contre l’autre ;
- parler de ce qui a été vécu et partager son ressenti ;
- rassurer son ou sa partenaire ;
- boire un verre d’eau ou manger un encas ;
- se couvrir avec une couverture si l’on a froid ;
- prendre une douche ensemble ou simplement rester quelques instants en silence ;
- vérifier que chacun se sent bien, physiquement comme émotionnellement.
L’aftercare est aussi un moment pour se poser des questions simples :
- Comment t’es-tu senti(e) ?
- Y a-t-il quelque chose que tu as particulièrement apprécié ?
- As-tu ressenti un inconfort ou une limite que nous n’avions pas identifiée ?
- Que souhaiterais-tu garder ou modifier si nous renouvelions cette expérience ?
Au fond, l’aftercare rappelle une idée essentielle : une expérience intime ne s’arrête pas lorsque la pratique prend fin. Le soin, l’écoute et l’attention portés à l’autre font pleinement partie de la relation.
Même en dehors de ces pratiques, cette démarche peut inspirer tous les couples. Prendre quelques minutes après un moment d’intimité pour échanger, se rassurer, se câliner ou simplement rester présents l’un à l’autre contribue souvent à renforcer la confiance, la complicité et le sentiment de sécurité affective.
En résumé, deux piliers essentiels après le consentement…
Le safeword permet de sécuriser la pratique pendant qu’elle se déroule ;
L’aftercare permet, quant à lui, de prendre soin de chacun une fois l’expérience terminée. Ces deux notions illustrent l’importance accordée à la communication, au consentement et au respect mutuel.
En conclusion
Les fantasmes ne définissent ni votre personnalité, ni vos valeurs, ni vos intentions.
Ils témoignent simplement de cette extraordinaire capacité qu’a l’être humain à imaginer, créer, explorer et donner du sens à son monde intérieur.
Plutôt que de les juger ou de les craindre, nous gagnerions à les regarder avec davantage de curiosité.
Car comprendre ses fantasmes, ce n’est pas chercher à tout réaliser.
C’est parfois simplement apprendre à mieux se connaître.
Et peut-être qu’au fond, la question n’est pas : « Pourquoi ai-je ce fantasme ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que ce fantasme raconte de mes besoins, de mes émotions ou de mon histoire ? »
C’est souvent là que commence la véritable connaissance de soi.

